Tree Of Life
Il s'étend vers le haut, à se moquer de la gravité et de la contrainte biologique. Il tire, il pousse, il se projette, tentant toujours de toucher les cieux, de les caresser. C'est comme un but, une sorte de destinée provocatrice, défiant les lois de la nature, à toujours vouloir aller plus haut, plus loin, plus fortement. Une sorte d'envie de refuser l'ordre, et, dans son devoir d'épanouissement, il continue encore et encore, sans limite, sans peur, sans regret. Pourtant, il s'affaiblit. Il s'amenuise. Centimètre après centimètre, il sent qu'il se décharne, tout en se déployant vers l'infini, et malgré tout, il va en jouer son existence, pour atteindre le point de rupture, où tout s'écroulera. Il a en lui cette force immuable de grandir, malgré le fait qu'une fois son but atteint, il devra mourir, et laisser sa place à d'autres. C'est peut être la raison qu'ils ont de vouloir un jour l'admirer, le lendemain l'utiliser, et pour finir, le détruire.
Son centre est un condensé de vie. Tout grouille. Aussi répugnant qu'il puisse être, il n'en est pas moins merveilleux. Tout en accumulant les erreurs, il emmagasine la sagesse des années qu'il va passer à s'épanouir et se développer. La légende raconte qu'en posant son oreille contre lui, on peut entendre son cœur battre et sa vie pulser chaudement en son sein. Fable ou réalité ? Il est seulement certain que ce concentré de connaissance, cet observateur passif des évènements qui l'entoure, est une véritable mine d'or. Comme un diamant brillant de mille feux dans une jungle urbaine moite et désordonné., lui reste ici, imposant et vénérable.
Ses pieds sont invasifs, exubérants et difformes. S'introduisant partout, creusant et intégrant le moindre interstice, ils dévorent et se délectent de ce qu'ils touchent. Ils sont sa base, son intimité. Qu'importe l'obstacle si celui-ci meure pour lui laisser la place. Qu'importe le temps passé à exterminer l'adversité si le résultat obtenu est sa propre fin, et sa survie.Il a comprit que dans ses rapports avec le monde qui l'entoure, s'il faut vivre, il doit tuer, implacablement, et sans remord. Mais la vie étant ainsi faite, l'émotion le submerge, et en de rares envolées cérébrales de bonté, il contourne et laisse le minimum requis au développement. Dans un sens peu commun, ses pieds sont les larmes de l'être croissant, souffrant de tout son être pour se développer. Extensible de bas en haut. Ils sont l'origine. Ils sont le futur de la graine initiale.
L'homme n'est qu'un arbre, dans tout son désir de surplomber la nature.
Les moyens peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; et il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu'entre la graine et l'arbre.
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