Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Death's just Death

Publié par ZeVinZ sur 19 Septembre 2013

Death's just Death

Il existe toujours un moment dans la vie d'un homme, malgré son contrôle sur sa propre vie, où il se sent défaillir. Malgré sa force et sa splendeur, son combat de tous les jours contre les difficultés qui l'entourent, il y a cette étincelle de malice, cette fourberie pernicieuse, qui vient le toucher en plein cœur, et vient le faire vaciller sur ses bases. Elle arrive parfois quand tout va bien, pour gâcher tous les instants de bonheur et de plénitude. Parfois aussi, elle intervient quand la vie est inerte, quand les habitudes du quotidien vous rongent à petit feu, elle est le cancer qui vient vous dévorer de l'intérieur. Alors, on se demande souvent, comment réagir dans ces situations inusitées et non voulues. La plupart réagissent avec violence, poussant les choses jusqu'à rompre le maléfice, et d'autres, se laissent aller, dans un désir de prolongation de la douleur, dans une sorte de masochisme latent.

Pourtant, chaque douleur est différente. Il y a cette défaillance temporaire, rapide, avec juste ce minuscule temps d'incertitude, qui vous rappelle uniquement à l'ordre, pour vous dire que la vie n'est pas éternelle, et qu'il serait temps de la croquer à pleines dents. Elle nécessite généralement uniquement une dose forte de médicaments, autant physiques que spirituels, et disparait comme elle est venue, telle un nuage obscurcissant le soleil. C'est la petite chute prévoyante, le dérapage incontrôlé, vite stabilisé.

Et il y a la grosse douleur, celle qui vient vous dire que votre temps est venu, et qu'il faut, pour les plus chanceux d'entre nous, dire au revoir à ceux qu'on aime. Et voici que votre vie touche à sa fin, que vous le désiriez ou non, sorte de sentence impitoyable venue du ciel, pour vous ramener parmi la poussière que vous êtes. Forcément, c'est triste. Pour vous, vos proches, et moins proches. Certains partent tôt, bien trop, et d'autres tard, bien bien trop tard ... Mais quand la fin est une finalité, il faut uniquement souhaiter à l'autre le moins de stress et de douleur possible. Pensons à nos propres consciences de gens ayant encore un bout de chemin devant nous, et rendons leur la vie meilleure pour leurs derniers instants. Quelque-part, ne pas savoir qu'on meurt, c'est rester éternellement présent, dans l'envie, avec les autres.

Alors on peut parfois se demander ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Qui doit mourir, et qui doit vivre. Nous avons un pouvoir sur la vie et la mort de nos prochains, mais nous n'avons pas les clefs de ce que d'aucuns appellent le Destin. Vos actes seraient conditionnés par une puissance supérieure, quoi que vous fassiez, bien que vous luttiez contre. Dans la religion, il n'y a pas de justice pour les bons ou les méchants, il y a des conséquences, et des raisons empreintes de moralités. Et pour les athées, il y a une rancœur persistante contre l'injustice de la mort de nos proches, et une curiosité morbide, ou désintérêt total, pour la mort d'un unique étranger.

Chacun vit la mort de sa façon. Chacun meurt et fini sa vie à sa manière. Tout n'est que point de vue, destinée et fatalisme. Alors, quand on ne peut rien y faire et que seule reste l'incertitude, que faire, hormis sourire à la vie, et profiter d'être encore capable de respirer de l'air, même vicié ? Sourire à la vie pour faire un pied de nez à la mort, voila une belle idée. Narguons la jusqu'au bout.

La mort ferme les yeux des morts et ouvre ceux des survivants.

Gilbert Cesbron

Commenter cet article